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Novembre 2000, Résumé de livre, Traduction-adaptation par Jean-Pierre Bal Source du résumé original (en anglais) : The Wharton Leadership Digest (1)
«Leadership sous 0°» Leçons d’endurance d’Ernest Shackleton en Antarctique
Nous sommes le 5 décembre
1914. Ernest Shackleton fait hisser les voiles de son navire, avec 27 hommes à son bord, et
quitte l’île Georgie Sud (au
sud-est des îles Falkland). Par la force des choses cette expédition
s’avérera être la première traversée complète de l’Antarctique.
A quelques 60 miles du continent, des congères de glace piégèrent
rapidement Endurance. Quelques 282 jours plus tard la coque se brisa, et le
navire coula. Totalement isolé, l’équipage fut contraint de survivre
sur la banquise, n'ayant que de la viande de phoque pour seule
nourriture. Très souvent l’équipage crût périr. Toutefois, grâce à
sa persévérance, son ingéniosité, et son extraordinaire leadership,
Shackleton les sauva tous. En partant du récit de cette expédition frappée
par le destin, Dennis Perkins, consultant en entreprises, a extrait dix
grandes leçons de leadership. Il démontre que les mêmes principes se
retrouvent parfois dans des expéditions en montagne, dans des unités de
combat, et dans les entreprises qui font face à des périodes
d’incertitude aiguë ou à un défi menaçant. Voici donc ces dix leçons-conseil:
1. Maintenir la vision du but ultime, tout en focalisant l’énergie sur des
objectifs intermédiaires. Shackleton
parvint à maintenir, et inlassablement, son extrême souci de sécurité et de survie de
ses hommes. Lorsqu’à un certain stade le moral baissa trop fortement,
il organisa la traversée d’une banquise - un périple de 314 miles - vers
une ancienne réserve de nourriture. Le périple ne réussit pas entièrement,
mais l’effort collectif raviva l’esprit de survie. 2. Faire des actions symboliques, pour faire parvenir des messages ineffaçables.
Shackleton était
conscient de la nécessité de se séparer des effets personnels
non-indispensables. C'était un besoin tellement vital pour la réussite
de la traversée, qu’il insista que chaque homme ne porte que tout au
plus l’équivalent d’un kilo d’objets. Pour marquer le point il
abandonna sur place sa propre montre et ses pièces de monnaie, toutes en
or. 3. Engendrer l’optimisme.
Shackleton fit entrevoir "l’après-survie" à son équipage;
il planifia ouvertement la prochaine expédition, en Alaska cette fois-ci ! 4. Soutenir la force de résister. Ce n'est que lorsqu'un membre de l’équipage s’écroula, engourdi par
le froid, que Shackleton
décida de rapidement distribuer des vêtements supplémentaires. 5. Unir l’équipe. « …de petites
cliques avaient tendance à se former… » se rappela un membre d’équipage,
« mais le tact et la diplomatie dont Shackleton fit preuve mirent rapidement fin
aux divisions ». 6. Amoindrir les différences. Dix des vingt-huit rescapés furent forcés
d’utiliser des sacs de couchage endommagés. Shackleton les attribua par
tirage au sort, tout en assignant d’office à lui-même un sac défectueux. 7. Désamorcer le conflit. Shackleton organisa que les deux
membres d’équipage qui avaient une personnalité plus difficile et
troublante, partagent une tente avec lui. 8. Célébrer. Le 15 décembre 1915,
un an après leur embarquement, les membres d’équipage se rappelèrent
qu’ils auraient dû être en route pour un triomphal retour en
Angleterre, en véritables héros. Très conscient de l’effet
potentiellement démoralisant de cet anniversaire, et pour commémorer
leur grand succès d’avoir survécu un an déjà, Shackleton organisa
une journée de "repos-vacances". 9. Ne rien risquer inutilement, miser le tout lorsque c’est indispensable. Quand, après 497 jours, les membres de l'équipage
arrivèrent sur l’île de l’Eléphant, située aux confins de
l’antarctique, ils posèrent enfin pied sur une terre ferme. Toutefois,
cet îlot inhospitalier ne leur offrit guère relâche. Le lieu de
civilisation le plus proche, l’île Georgie Sud, était à 800 miles, au
delà d’une des mers les plus dantesques au monde. Shackleton et cinq membres d’équipage entreprirent malgré tout
la traversée, sur une embarcation de fortune qui n’avait que 22 pieds
de long, et sans instruments de navigation. Dix-huit jours plus tard, après
un extraordinaire exploit de survie, d'affrontement avec l’océan, le frêle
esquif arriva sur les rives de Georgie Sud.
10. Ne jamais, jamais, jamais abandonner. Malchance ! Shackleton et ses hommes atterrirent sur le
mauvais côté de l’île. Avant d’atteindre la station baleinière
située à
l’autre extrémité, il leur fallut encore escalader des
montagnes inexplorées et des glaciers crevassés. Ce furent 36 heures
d’escalade très dangereuse. Le 20 Mai 1916, à 15h00, apercevant le
responsable de la station, le capitaine s’exclama : « My name
is Shackleton ». Le 30 août il sauva l’équipage qui était resté
sur l’île de l’Eléphant. Non moins de six-cent trente quatre jours s’étaient
écoulés depuis le début de cette expédition.
Leadership sous 0° - Leçons de leadership tirées de l'extraordinaire aventure de l'expédition de Shackleton en Antarctique, est la traduction française de Leading at the Edge. Elle a été préfacée par Jean-Pierre Bal, directeur de la Thierry Graduate School of Leadership.
(Ouvrage paru en 2003 aux Editions du Trésor Caché, Canada. ISBN 2-922405-18-4).
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(1)
Source: Wharton Leadership Digest
October 2000, Vol. 5, Number 1. Http://leadership.wharton.upenn.edu/digest/index.shtml ©
Copyright 2000-2010, The THIERRY Graduate School of Leadership.
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